Association des Élèves et Anciens Élèves de l'École Hôtelière
 et de Tourisme de Nice

Lycée Technique d'Hôtellerie et de Tourisme Paul-Augier
 
163, bd René Cassin - 06200 - NICE

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Décembre

"A quoi sert l'art ? A nous donner la brève mais fulgurante illusion du camélia, en ouvrant dans le temps une brèche émotionnelle qui semble irréductible à la logique animale. Comment naît l'art ? Il s'accouche de la capacité qu'a l'esprit à sculpter le domaine sensoriel. Que fait l'art pour nous ? Il met en forme et rend visibles nos émotions et, ce faisant, leur appose ce cachet d'éternité que portent toutes les oeuvres qui, au travers d'une forme particulière, savent incarner l'universalité des affects humains." [...] Elle se donne à nous sans l'effort que nous la désirions [...] Un plaisir sans désir, une existence sans durée, une beauté sans volonté. Car "Art", c'est l'émotion sans le désir. Muriel Barbery - "L'Elegance du hérisson"

 

Les Attributs de la peinture, de la sculpture et de l’architecture par Anne Vallayer-Coster.

Camille Pissarro
 
Peintre "impressionniste puis néo-impressionniste" français
 
né à Saint Thomas (Iles Vierges) en 1830, mort à Paris en 1903,

Paul Cezanne
 
Peintre impressionniste français
 
né à Aix-en-Provence en 1839 mort à Aix-en-Provence en 1903

Kume Keiichirô 1866 - 1934
 E
tait un peintre japonais qui introduisit au Japon des techniques picturales européennes.

Henri Matisse 1869-1954 (Nature morte aux oranges)
 
Peintre français né à Cateau-Cambrésis en 1869 mort à Nice en 1954

Giuseppe Arcimboldo (L'hiver)
 Peintre "maniériste" italien né à Milan en 1527, mort à Milan en 1593
 Arcimboldo est considéré comme le précurseur du surréalisme

Amedeo Modigliani,
 Peintre et sculpteur italien de l'École de Paris
 
est né à Livourne (Italie) en 1884, mort à Paris en 1920

Léonard de Vinci
 
né à Vinci le 15 avril 1452 et mort à Amboise le 2 mai 1519, est un peintre florentin et un homme d'esprit universel, à la fois artiste, scientifique, ingénieur, inventeur, anatomiste, peintre, sculpteur, architecte, urbaniste, botaniste, musicien, poète, philosophe et écrivain.

Jean Fouquet - La Vierge et l'Enfant - Vers 1452-1455

L'Adoration des Rois mages
Gentile da Fabriano, 1423
 Galerie des Offices, Florence



Poèmes du mois

Dans la nuit de l'hiver galope un grand homme blanc

 Dans la nuit de l'hiver

Galope un grand homme blanc

C'est un bonhomme de neige

Poursuivi par le froid.

Il arrive au village.

Voyant de la lumière

Le voilà rassuré.

Dans une petite maison

In entre sans frapper ;

Et pour se réchauffer,

S'assoit sur le poêle rouge,

Et d'un coup disparaît.

Ne laissant que sa pipe

Au milieu d'une flaque d'eau,

Ne laissant que sa pipe,

Et puis son vieux chapeau.

Jacques Prévert

____________________________

Nuit de neige

La grande plaine est blanche, immobile et sans voix.
Pas un bruit, pas un son ; toute vie est éteinte.
Mais on entend parfois, comme une morne plainte,
Quelque chien sans abri qui hurle au coin d'un bois.

Plus de chansons dans l'air, sous nos pieds plus de chaumes.
L'hiver s'est abattu sur toute floraison ;
Des arbres dépouillés dressent à l'horizon
Leurs squelettes blanchis ainsi que des fantômes.

La lune est large et pâle et semble se hâter.
On dirait qu'elle a froid dans le grand ciel austère.
De son morne regard elle parcourt la terre,
Et, voyant tout désert, s'empresse à nous quitter.

Et froids tombent sur nous les rayons qu'elle darde,
Fantastiques lueurs qu'elle s'en va semant ;
Et la neige s'éclaire au loin, sinistrement,
Aux étranges reflets de la clarté blafarde.

Oh ! la terrible nuit pour les petits oiseaux !
Un vent glacé frissonne et court par les allées ;
Eux, n'ayant plus l'asile ombragé des berceaux,
Ne peuvent pas dormir sur leurs pattes gelées.

Dans les grands arbres nus que couvre le verglas
Ils sont là, tout tremblants, sans rien qui les protège ;
De leur oeil inquiet ils regardent la neige,
Attendant jusqu'au jour la nuit qui ne vient pas.

Guy de Maupassant

________________

Quand il est entré dans mon logis clos,
J'ourlais un drap lourd près de la fenêtre,
L'hiver dans les doigts, l'ombre sur le dos…
Sais-je depuis quand j'étais là sans être ?

Et je cousais, je cousais, je cousais…
- Mon cœur, qu'est-ce-que tu faisais ?

Il m'a demandé des outils à nous.
Mes pieds ont couru, si vifs dans la salle,
Qu'ils semblaient - si gais, si légers, si doux, -
Deux petits oiseaux caressant la dalle.

De-ci, de-là, j'allais, j'allais…
- Mon cœur, qu'est-ce que tu voulais ?

Il m'a demandé du beurre, du pain,
- Ma main en l'ouvrant caressait la huche -
Du cidre nouveau, j'allais, et ma main
Caressait les bols, la table, la cruche.

Deux fois, dix fois, vingt fois je les touchais…
- Mon cœur, qu'est-ce que tu cherchais ?

Il m'a fait sur tout trente-six pourquois.
J'ai parlé de tout, des poules, des chèvres,
Du froid et du chaud, des gens, et ma voix
En sortant de moi caressait mes lèvres…

Et je causais, je causais, je causais…
- Mon cœur, qu'est-ce que tu disais ?

Quand il est parti, pour finir l'ourlet
Que j'avais laissé, je me suis assise…
L'aiguille chantait, l'aiguille volait,
Mes doigts caressaient notre toile bise…

Et je cousais, je cousais, je cousais…
-Mon cœur, qu'est-ce que tu faisais ?

Marie Noël
(les Chansons et les jours)


Un poème une chanson

Poème de Louis Aragon, musique de Léo Ferré chanté par Marc Ogeret

Est-ce ainsi que les hommes vivent
 
(adaptation de Léo Ferré)

Tout est affaire de décor
Changer de lit changer de corps
À quoi bon puisque c'est encore
Moi qui moi-même me trahis
Moi qui me traîne et m'éparpille
Et mon ombre se déshabille
Dans les bras semblables des filles
Où j'ai cru trouver un pays.

Coeur léger coeur changeant coeur lourd
Le temps de rêver est bien court
Que faut-il faire de mes jours
Que faut-il faire de mes nuits
Je n'avais amour ni demeure
Nulle part où je vive ou meure
Je passais comme la rumeur
Je m'endormais comme le bruit.

C'était un temps déraisonnable
On avait mis les morts à table
On faisait des châteaux de sable
On prenait les loups pour des chiens
Tout changeait de pôle et d'épaule
La pièce était-elle ou non drôle
Moi si j'y tenais mal mon rôle
C'était de n'y comprendre rien

Est-ce ainsi que les hommes vivent
Et leurs baisers au loin les suivent

Dans le quartier Hohenzollern
Entre La Sarre et les casernes
Comme les fleurs de la luzerne
Fleurissaient les seins de Lola
Elle avait un coeur d'hirondelle
Sur le canapé du bordel
Je venais m'allonger près d'elle
Dans les hoquets du pianola.

Le ciel était gris de nuages
Il y volait des oies sauvages
Qui criaient la mort au passage
Au-dessus des maisons des quais
Je les voyais par la fenêtre
Leur chant triste entrait dans mon être
Et je croyais y reconnaître
Du Rainer Maria Rilke.

Est-ce ainsi que les hommes vivent
Et leurs baisers au loin les suivent.

Elle était brune elle était blanche
Ses cheveux tombaient sur ses hanches
Et la semaine et le dimanche
Elle ouvrait à tous ses bras nus
Elle avait des yeux de faïence
Elle travaillait avec vaillance
Pour un artilleur de Mayence
Qui n'en est jamais revenu.

Il est d'autres soldats en ville
Et la nuit montent les civils
Remets du rimmel à tes cils
Lola qui t'en iras bientôt
Encore un verre de liqueur
Ce fut en avril à cinq heures
Au petit jour que dans ton coeur
Un dragon plongea son couteau

Est-ce ainsi que les hommes vivent
Et leurs baisers au loin les suivent.

Vidéo


Citations

"Au milieu de l'hiver, j'ai découvert en moi un invincible été"
Albert Camus

"L'hiver de ta vie est ton second printemps"
François Maynard

"Les années nous viennent sans bruit"
Les Fastes, VI, 771
Ovide

"La neige possède ce secret de rendre au coeur en un souffle la joie naïve que les années lui ont impitoyablement arrachée"
[ Pointe-aux-Coques ]
Antonine Maillet

"Il ne faut pas chercher à rajouter des années à sa vie-mais plutôt essayer de rajouter de la vie à ses années"[ ]
John Fitzgerald Kennedy

"On a beau avoir une santé de fer, on finit toujours par rouiller"
Jacques Prévert

"L'avenir de l'homme est la femme - Elle est la couleur de son Ame - Elle est sa rumeur et son bruit - Et sans Elle, il n'est qu'un blasphème"
Louis Aragon - Le Fou d'Elsa (1963)


Une musique, un film : FANTASIA de Walt Disney

Fantasia est le troisième long-métrage d'animation et « Classique d'animation » des studios Disney, sorti à la fin de l'année 1940. Sa production a été lancée peu après Blanche-Neige et les Sept Nains (1937) en parallèle de Pinocchio sorti au début de l'année 1940.

Ce film est une expérimentation sans dialogue dont le but est d'illustrer ou d'accompagner avec l'animation des thèmes de la musique classique. Huit extraits musicaux, joués pour la plupart par l'orchestre de Philadelphie sous la direction de Leopold Stokowski, composent les sept séquences de ce dessin animé. C'est aussi pour de nombreux auteurs et critiques une œuvre d'art d'un genre nouveau, un pont entre les arts et une « nouvelle forme de présenter l'art » (un nouveau média).

Fantasia, qui n'eut pas à sa sortie le succès habituel des productions Disney de l'époque, est le premier volet d'une série voulue par Walt Disney. Grâce à la volonté de Roy Edward Disney, neveu de Walt, un second volet Fantasia 2000 est sorti en 1999.

Un extrait de Fantasia réalisé par Walt Disney en 1940, la 6ème Symphonie de Beethoven dite "la Symphonie Pastorale"

vidéo


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