Juillet/Août 2010

"C'était comme l'été, au moment où l'automne s'annonce, avec déjà, semblable à des ombres devant un soleil déclinant, les premiers frissons de l'automne implacable projeté sur l'été finissant : quelque chose d'un été finissant qui, comme une braise encore rouge, se raviverait dans l'automne".

William Faulkner, Lumière d'Août

Vincent Van Gogh : La sieste, musée d’Orsay

Paul Gauguin, Les meules jaunes, 1889, musée d’Orsay

Jean-François Millet : Les glaneuses, 1857

Jean-François Millet , La sieste, pastel, 1866, MFA Boston

François Boucher (1703-1770) : Le berger endormi

Claude Monet, Meules près de Giverny, 1889, musée Pouchkine Moscou

Camille PISSARRO "La Moisson à Montfoucault

Richard Emil Miller (1875-1943) : Le bassin

Pierre Auguste Renoir (1841-1919) : sur la plage

Claude Monet : La plage de Trouville - 1870 - National Gallery

Edouard Manet (1832-1883) : sur la plage

Edgar Degas (1934-1917) : scène sur la plage

Georges Seurat (1859-1891) : la plage de Saint Enogat

Henri Matisse : Luxe, Calme et Volupté, 1904

Picasso Pablo : deux femmes courant sur la plage, été 192

Raoul Dufy (1877-1943) : La Plage

Maurice Denis (1870-1943) : La Colonie de vacances

Bernard Buffet (1928-1999) : promenade


Michael Peter Ancher (1849-1927) : Two ladies on the beach (Detail)


Odeur des myrtils
Dans les grands paniers
Que demeure-t-il
De nous au grenier ?

Ombre mon royaume
J'y retrouverais
Les anciens arômes
Et les noirs portraits

Les enfants qui dorment
Les fauteuils boiteux
Les ombres difformes
La trace de jeux

C'était moi peut-être
Ou peut-être vous
Les yeux des fenêtres
Sont vides et fous

Dans les mois de paille
Il fait doux guetter
Le cri court des cailles
Divisant l'été

Le vent se repose
Aux bords bleus du temps
Les hérons gris rose
Marchent sur l'étang

Il me semble entendre
Un train loin d'ici
Dans les osiers tendres
Le jour est assis

La fin d'août paresse
Et les arbres font
Des lentes caresses
Aux plafonds profonds

Mémoire qui meurt
Photos effacées
Rumeur ô rumeur
Des choses passées

Louis ARAGON

Chanson de l'oiseleur

L'oiseau qui vole si doucement
L'oiseau rouge et tiède comme le sang
L'oiseau si tendre l'oiseau moqueur
L'oiseau qui soudain prend peur
L'oiseau qui soudain se cogne
L'oiseau qui voudrait s'enfuir
L'oiseau seul et affolé
L'oiseau qui voudrait vivre
L'oiseau qui voudrait chanter
L'oiseau qui voudrait crier
L'oiseau rouge et tiède comme le sang
L'oiseau qui vole si doucement
C'est ton coeur jolie enfant

Ton coeur qui bat de l'aile si tristement
Contre ton sein si dur si blanc

Jacques Prévert

Osiris ou la fuite en Égypte

C'est la guerre c'est l'été
Déjà l'été encore la guerre
Et la ville isolée désolée
Sourit sourit encore
Sourit sourit quand même
De son doux regard d'été
Sourit doucement à ceux qui s'aiment
C'est la guerre c'est l'été
Un homme avec une femme
Marchent dans un musée désert
Ce musée c'est le Louvre
Cette ville c'est Paris
Et la fraicheur du monde
Est là tout endormie
Un gardien se réveille en entendant les pas
Appuie sur un bouton et retombe dans son rêve
Cependant qu'apparaît dans sa niche de pierre
La merveille de l'Égypte debout dans sa lumière
La statue d'Osiris vivante dans le bois mort
Vivante à faire mourir une nouvelle fois de plus
Toutes les idoles mortes des églises de Paris
Et les amants s'embrassent
Osiris les marie
Et puis rentre dans l'ombre
De sa vivante nuit.

Jacques Prévert

Citations - Extraits

"Et elle finit par constituer une manière de rigolade générale l'histoire, pour tout le monde dans la maison. Ainsi finissent nos secrets dès qu'on les porte à l'air et en public. Il n'y a de terrible en nous et sur la terre et dans le ciel peut-être que ce qui n'a pas encore été dit. On ne sera tranquille que lorsque tout aura été dit, une bonne fois pour toutes, alors enfin on fera silence et on n'aura plus peur de se taire".
Louis Ferdinand Celine, Voyage au bout de la nuit

"Quand quelqu'un de cher disparâit, nous payons de mille regrets la faute de survivre. Sa mort nous découvre sa singularité unique ; il devient vaste comme le monde que son absence anéantit pour lui, que sa présence faisait exister tout entier ; il nous semble qu'il aurait dû tenir plus de place dans notre vie : à la limite toute la place."

[....] Inutile prétendre d'intégrer la mort à la vie et de se conduire de manière rationnelle en face d'une chose qui ne l'est pas : que chacun se débrouille à sa guise dans la confusion de ses sentiments.

[.....] Penser contre soi est souvent fécond ; mais ma mère, c'est une autre histoire : elle a vécu contre elle-même. Riche d'appétits, elle a employé toute son énergie à les refouler et elle a subi ce reniement dans la colère. Dans son enfance on a comprimé son corps, son coeur, son esprit, sous un harnachement de principes et d'interdits. On lui a appris à serrer elle-même étroitement ses sangles. En elle subsistait une femme de sang et de feu : mais contrefaite, mutilée et étrangère à soi"
Simone de Beauvoir
, Une mort très douce

"Instinctivement, sans influence littéraire apparente, je découvris l'humour, cette façon habile et entièrement satisfaisante de désamorcer le réel au moment même où il va vous tomber dessus. L'humour a été pour moi, tout le long du chemin, un fraternel compagnonnage ; je lui dois mes seuls instants véritables de triomphe sur l'adversité. Personne n'est jamais parvenu à m'arracher cette arme, et je la retourne volontier d'autant plus volontiers contre moi-même, qu'à travers le "je" et le "moi", c'est à notre condition profonde que j'en ai. L'humour est une déclaration de dignité, une affirmation de la supériorité de l'homme sur ce qui lui arrive. [....] La réalité est que "je" n'existe pas, que le "moi" n'est jamais visé, mais seulement franchi, lorsque je tourne contre lui mon arme préférée ; c'est à la situation humaine que je m'en prend, à travers toutes ses incarnations éphémères, c'est à une condition qui nous fut imposée de l'extérieur, à une loi qui nous fut dictée par des forces obscures comme une quelconque loi de Nuremberg. Dans les rapports humains, ce malentendu fut pour moi une source constante de solitude, car, rien ne vous isole plus que de tendre la main fraternelle de l'humour à ceux qui, à cet égard, sont plus manchots que les pingouins".
Romain Gary, La promesse de l'aube

Madeleines Musicales

Un gelato al limon, gelato al limon, gelato al limon,
sprofondati in fondo a una città
Un gelato al limon, è vero limon.
Ti piace? Mentre un`altra estate se ne va
Libertà e perline colorate, ecco quello che io ti darò
e la sensualità delle vite disperate ecco il dono che io ti farò
donna che stai entrando nella mia vita con una valigia di perplessità
ah, non avere paura che sia già finita, ancora tante cose quest’uomo ti darà.
E un gelato al limon, gelato al limon, gelato al limon
sprofondati in fondo a una città
Un gelato al limon, gelato al limon, gelato al limon
mentre un’altra estate passerà…
Ti offro una doccia ai bagni diurni che son degli abissi di tiepidità
dove come oceani notturni rimbombano le voci della tua città
e ti offro la luna del pomeriggio per il sogno arabo che ami tu
e una stretta forte della mia mano per te donna che non mi scappi più…e
u
n gelato al limon, gelato al limon, gelato al limon
e ti offro l’intelligenza degli elettricisti, cosi almeno un pò di luce avrà
la nostra stanza negli alberghi tristi dove la notte calda ci scioglierà. Come…
un gelato al limon, gelato al limon, gelato al limon…

Paolo Conte

 

Variations sur la Symphonie n°3 de  Johannes Brahms

La symphonie n° 3 en Fa majeur, op. 90, a été composée par Johannes Brahms durant l’été 1883 à Wiesbaden, soit près de 6 ans après sa seconde symphonie. Entre les deux il écrivit notamment les partitions de son concerto pour violon, ses deux ouvertures et son second concerto pour piano.

Elle a été créée le 2 décembre 1883 à Vienne par Hans Richter. Ce dernier la surnomma l’héroïque en référence avec la troisième symphonie de Ludwig van Beethoven.

Le thème du troisième mouvement constitue la musique de Aimez-vous Brahms ?, film d'Anatole Litvak. Ce même thème a été repris dans la chanson de Serge Gainsbourg, Baby alone in Babylone, et par Carlos Santana dans la chanson Love of my life sur l'album Supernatural.

 

 

Babe alone in Babylone
noyée sous les flots
de Pontiacs
de Cadillacs
de Bentley à L.A.
de Rolls Royce et de Buicks
dans la nuit métallique -
Babe alone in Babylone
noyée sous les flots
de musiques
electriques
de rock 'n 'roll tu recherche un rôle
tu recherche les studios
et les traces de Monroe
les strass et le stress
dieu et déesses
de Los Angeles
Babe alone in Babylone
noyée sous les flots
de lumière
de poussières
d'étoiles éphémères
tu rêves d'éternité
hélas tu vas la trouver
Babe alone in Babylone
noyée sous les flots
de tes larmes et le charme
de l'avenue du crépuscule
c'est le Sunset boulevard
qui serpente dans le noir
Babe alone in Babylone
noyée sous les flots
de Malibu
petite star inconnue
tu n'as vu que l'etoile
de la police fédérale

Serge Gainsbourg

Les plus belles musiques de film

Blade Runner de Ridley Scoot
Musique
de VANGELIS

 

Blade Runner est un film américain de science-fiction de Ridley Scott sorti en 1982 avec Harrison Ford, Rutger Hauer et Sean Young. Le scénario, écrit par Hampton Fancher et David Peoples, est grandement inspiré de celui du roman Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ? (Do Androids Dream of Electric Sheep?) écrit en 1966 par Philip K. Dick (à qui le film est dédié).

En 1993, Blade Runner a été sélectionné par la National Film Registry de la Bibliothèque du Congrès américain pour être conservé comme étant « culturellement, historiquement ou esthétiquement important ». En 2007, l'American Film Institute classa comme le 97e plus grand film américain de tous les temps sur un liste de 100 films sélectionnés sur 100 ans.
La bande originale du film a été composée par Vangelis, qui venait de remporter l'Oscar de la meilleure musique de film pour les Chariots de feu (Chariots of Fire) de Hugh Hudson. C'est un mélange de mélodies sombres, de musique classique avec des sons futuristes au synthétiseur qui reflètent l'ambiance envisagée par Ridley Scott. Il s'est également accompagné de Demis Roussos pour certains arrangements et chants, du compositeur Peter Skellern, du saxophoniste de jazz Dick Morrissey, du groupe The Ink Spots, du chanteur Don Percival et de la chanteuse Mary Hopkin (mais la contribution de cette dernière a été coupée de la bande sonore du film et n'apparait que sur le disque audio).

En dépit d'une bonne réception par le public et les critiques, l'album sortira plus de dix ans plus tard. Cela ne l'empêcha pas d'être nommé en 1983 pour un BAFTA et Golden Globe Award en tant que « meilleure musique de film ».

Plusieurs versions ont été créées pour pallier ce manque dont une en 1982 par le The New American Orchestra mais ce n'est qu'en 1994 que le « vrai » album sortit avec certaines musiques tirées de la version du réalisateur du film.

Lire la suite sur : http://fr.wikipedia.org/wiki/Blade_Runner_(film)


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